Par

sondageCC44.jpg

La conférence Paris-Saclay, Summit 2025 Choose Science, s’est tenue les 12 et 13 février dernier à Palaiseau. À cette occasion, l’institut de sondage Cluster 17 (créé en janvier 2022) a mené l’enquête sur les Français et la science. L’étude parle de « relation ambivalente […]. D’un côté, une large majorité la considère comme une source fiable de connaissances et un outil essentiel pour relever les défis contemporains. De l’autre, des clivages marqués apparaissent sur certaines thématiques, notamment en fonction du niveau d’éducation et des orientations politiques ».

Le niveau de connaissance scientifique des Français ? « Globalement moyen », dit l’institut avec des réponses évidemment variées selon le niveau d’étude et les générations (des jeunes à la fois plus compétents et plus critiques).

« Concernant le changement climatique, 83 % des Français reconnaissent l’impact majeur des activités humaines, mais 17 % continuent d’attribuer ce phénomène à des cycles naturels ou à des variations du rayonnement solaire. »

Donc une confiance forte dans la science (88 %), qui doit rester une priorité nationale (95 %). Mais les clivages politiques sont importants. « La reconnaissance du rôle humain dans le réchauffement climatique varie fortement selon les sensibilités partisanes. » Elle atteint 99 % chez les sympathisants EELV, mais tombe à 57 % chez les électeurs du Rassemblement national.

« De manière plus générale, 97 % des Français estiment que la science améliore la qualité de vie, mais près de la moitié jugent que ses effets dépendent avant tout de la façon dont elle est utilisée et réglementée. »

Une méfiance toute particulière existe à l’égard des nouvelles technologies. La volonté de les encadrer varie en fonction des appartenances politiques. 30 % des électeurs de LFI ou EELV souhaitent une régulation forte du développement technologique, en particulier dans les  domaines de l’intelligence artificielle ou du génie génétique. Cette proportion tombe à 21 % chez les électeurs du RN, à 5 % chez les sympathisants LR et à 6 % chez ceux de Renaissance.

L’enquête indiquerait que la défiance envers la science ne se limite plus aux milieux conservateurs ou religieux mais « une forme de scepticisme “éclairé” se développe au sein des classes moyennes et des diplômés intermédiaires, qui se montrent particulièrement prudents à l’égard des innovations scientifiques ». C’est notamment le cas sur les questions environnementales ou sanitaires.

Sur les vaccins, 62 % des Français déclarent leur faire totalement confiance, « mais ce chiffre masque d’importantes variations en fonction des sensibilités politiques ».

En conclusion, note l’étude, la science « n’est plus perçue comme un élément neutre et universel, mais comme un enjeu politique structurant, cristallisant des visions parfois antagonistes de la société et du progrès ».

Gérard Streiff est rédacteur en chef de Cause Commune.

Cause commune44 • été 2025