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La 17e édition du Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences po), avec plus de trois mille sondés, est globalement déprimante. Et encore : elle a été réalisée fin janvier, avant donc les derniers événements comme le meurtre d’un activiste d’extrême droite de Lyon, événements qui ont pu amplifier le désarroi ambiant. Donc, en gros, on n’a plus confiance dans la politique (78 %) et on considère, dans les mêmes proportions (76 %), que les élus et dirigeants politiques sont « plutôt corrompus ». Mais dans cet océan de défiance surnagent quelques éléments encourageants. Si l’on s’inquiète de l’état de la démocratie, en même temps l’attachement au régime démocratique reste puissant et mobilise 82 % des sondés, un chiffre stable d’année en année. Reste que l’idée selon laquelle en démocratie rien n’avance et qu’il vaudrait mieux moins de démocratie et plus d’efficacité remporte aussi 43 % des suffrages (63 % dans l’électorat de Marine Le Pen). De la même manière, si de gros doutes s’expriment sur les élus  (corrompus, malhonnêtes…), les maires s’en sortent bien, comme toujours. Ils suscitent la confiance car ils incarnent l’action et la proximité au quotidien, estiment les chercheurs du CEVIPOF Damien Bol, Bruno Cautrès et Luc Rouban. 60 % des enquêtés leur font confiance, là aussi chiffre stable dans le temps, alors que la cote des députés chute à 34 %, soit six points de moins en un an. « Le maire reste le veilleur de nuit et le garant de la paix sociale dans les petites communes depuis le Moyen Âge », estiment les trois chercheurs qui parlent aussi d’un « retour au local à mesure que le centre se fragilise ». 79 % des sondés estiment que les collectivités locales devraient avoir plus de pouvoir face à l’État et 58 % sont favorables à un projet de transformer la France en pays fédéral… À noter encore que les services publics font de beaux scores (73 % ont confiance dans la police, par exemple) ; ou que les Français plébiscitent le recours à des instruments de démocratie participative : 79 % sont pour « un recours plus fréquent au référendum pour décider de certaines lois ». 

Cause commune47 • janvier/février 2026