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Le journal La Croix sollicite régulièrement l’opinion pour sonder sa confiance dans les médias. Le quotidien a publié le 14 janvier dernier son 38e baromètre, bel exemple de constance et de persévérance (il est réalisé depuis 1987). Il en a profité pour demander l’avis des Français sur leur perception des contenus générés par l’intelligence artificielle (IA). On pouvait s’attendre à une méfiance généralisée. Ce n’est pas tout à fait le cas. L’opinion est divisée : alors que les 18/24  ans semblent très partisans de l’utilisation de l’IA, les générations plus âgées y voient des risques.

L’étude (réalisée en novembre 2024 et qui porte sur mille cinq cents personnes, un beau panel) a été présentée au festival Médias en Seine à Paris.

À la question « seriez-vous favorable » à l’utilisation de l’IA par les médias pour « automatiser la production de certains types de contenus (images, articles courts, reportages simples, agendas, bulletins météo…) », 43 % des sondés se disent « opposés », 36 % se déclarent « favorables », 16 % estiment ne pas en savoir « assez sur le sujet pour se prononcer ». L’opinion est donc divisée et le clivage est important selon les générations : 58 % des 18-24 ans répondent favorablement, contre seulement 21 % chez les plus de 65 ans.

Autre exemple : près de la moitié des sondés (47 %) estiment que le recours à l’IA « dégradera la qualité des informations fournies » contre 29 % ; là encore 41 % des 18-24 ans jugent que l’IA améliorera l’info contre 19 % chez les plus de 65 ans.

Les risques mis en avant par les sondés sont : « perte de l’analyse et du regard humains » (41 %), « création de fausses informations » (37 %), « manipulations dans les informations diffusées » (37 %), « destruction d’emplois » (27 %) ,  « manque de transparence sur l’utilisation » de l’IA (24 %).

Au passage, l’enquête nous apprend que l’IA est déjà utilisée couramment dans les rédactions, notamment pour traduire des textes ou retranscrire des fichiers sonores, mais les médias restent frileux en matière d’IA dite « générative », c’est-à-dire créatrice de contenus.

Enfin, concernant la confiance envers les médias (objet premier de l’étude), celle-ci s’est encore dégradée, 62 % des sondés considérant qu’« il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité », soit cinq points de plus par rapport au baromètre de novembre 2023.

Cause commune43 mars/avril