
Les pères sont plus présents mais les mères passent toujours plus de temps seules avec les enfants
Entre 2002 et 2021, le temps moyen passé par les jeunes enfants (moins de 6 ans) en présence de leurs parents1 diminue globalement de 5 heures 15 sur une semaine. En 2021, près de la moitié des couples dont tous les enfants ont moins de 6 ans travaillent à temps complet. Ces enfants passent un peu plus des trois quarts de la semaine (7 jours), nuits incluses, avec au moins un de leurs parents. La mère est, en moyenne, 2 heures 20 par jour seule avec les enfants, contre 1 heure 20 pour le père2.
La réforme du congé de paternité entrée en vigueur en juillet 2021 a allongé la durée de ce congé de 11 à 25 jours et ouvert droit à la possibilité de le fractionner. En 2021, parmi les parents d’un enfant de moins de trois ans, 94 % des pères étaient éligibles au congé de paternité à la naissance de leur plus jeune enfant, alors que 82 % des mères l’étaient au congé de maternité. Cependant, en pratique, 71 % des pères éligibles ont eu recours au congé en 2021 contre 93 % pour les mères3.
Le mode de garde principal des très jeunes enfants (moins de 3 ans) a beaucoup évolué en vingt ans
Concernant le mode de garde, la part des enfants de moins de 3 ans confiés principalement à une assistante maternelle ou une crèche a presque doublé entre 2002 et 20214. (cf. graphique ci-dessous).
Les crèches et haltes-garderies sont le mode de garde pour lequel les parents obtiennent le plus souvent leur premier choix : parmi ceux qui y ont eu accès, 93 % les avaient classées en tête. À l’inverse, la garde à domicile (48 %) et la garde par un membre de la famille (52 %) sont moins souvent des choix prioritaires et relèvent davantage de solutions de repli.
Des écarts marqués entre grandes villes et zones rurales dans l’accès aux crèches
Les disparités territoriales en matière d’accueil de la petite enfance restent très fortes. Alors qu’en agglomération parisienne plus d’un quart des enfants de moins de 3 ans (26 %) sont accueillis en crèche ou en halte-garderie, cette proportion tombe nettement dans les zones moins denses. Dans les unités urbaines de plus de 200 000 habitants, 20 % des enfants sont gardés principalement en établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE), contre seulement 16 % à 17 % dans les moyennes et grandes agglomérations.
- On considère ici les couples hétéroparentaux vivant ensemble, sans recomposition récente (tous les enfants du ménage sont les enfants du couple).
- Esteban L., « Lorsque les deux parents travaillent à temps complet, la mère passe en moyenne une heure de plus par jour avec les enfants que le père. » 2025, Études et résultats, DREES, n°1356.
- Guedj H. et Le Pape MC., « Premiers jours de l’enfant : un temps de plus en plus sanctuarisé par les pères via le congé de paternité. » 2023. Études et résultats, DREES, n°1275.
- Caenen Y. et Virot P., « La part des enfants de moins de 3 ans confiés principalement à une assistante maternelle ou une crèche a presque doublé entre 2002 et 2021. » 2023, Études et résultats, DREES, n°1257.
Pour aller plus loin
Afin d’éclairer l’effet de cette réforme sur l’évolution des pratiques et représentations paternelles au cours des trois premières années de vie de l’enfant, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a monté un projet de recherche intitulé « Paternage » associant l’université Lumière Lyon 2, l’INED, Sciences Po Paris et AgroParisTech pour réaliser dans le sillage de l’enquête MDG une post-enquête qualitative en trois vagues auprès de pères ayant un enfant né en 2021. « Paternité : organisation des temps professionnels et familiaux deux ans après la naissance d’un enfant ».
• Virot P. et Le Pape M.-C.., 2025, « Monoparentalités : les solidarités familiales, un relais important au quotidien pour la prise en charge des jeunes», Études et résultats, DREES, n° 1326.
Cause commune n° 46 • été 2025