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L’activité des accueils collectifs de mineurs (ACM) a connu une évolution inégale selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP).

L’accueil de mineurs sans hébergement

En périscolaire (avant la classe, durant la pause méridienne ou après la classe), le nombre de places augmente en 2023-2024 (+ 3,2 % par rapport à 2022-2023), après avoir baissé sensiblement à la suite de l’assouplissement de la réforme des rythmes éducatifs intervenu en 2017 (autorisation en 2017 pour les communes qui le souhaitent de revenir à la semaine de quatre jours. En 2013, la réforme avait acté le rétablissement de la semaine de quatre jours et demi, après la semaine de quatre jours instaurée en 2008, sans augmentation du volume horaire hebdomadaire). Après la baisse historique liée à la crise sanitaire enregistrée durant l’année scolaire 2019-2020 et le rebond qui s’est ensuivi, l’activité des accueils collectifs de mineurs (ACM) connaît une évolution contrastée selon les types d’accueil. Les accueils de loisirs offrent dorénavant un nombre de places supérieur à ce qu’il était avant la crise sanitaire en périscolaire (jusqu’à 1,85 million le soir après la classe) comme en période de congés scolaires (jusqu’à 1,25 million en juillet).

Les différentes réformes du rythme éducatif ont beaucoup influencé le recours et le nombre de places disponibles en périscolaire. Augmenter le volume horaire hebdomadaire d’école amènerait une égalité de traitement : moins d’activités périscolaires à la carte choisies selon les conditions familiales. Cela permettrait de dégager du temps et des ressources aux collectivités territoriales pour organiser d’autres activités ou se concentrer sur les temps des vacances scolaires.

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Source : MENJ-DJEPVA, base de données SIAM, traitement INJEP-MEDES, situation au 1er septembre 2024
Champ : ensemble des organisateurs d’accueils collectifs de mineurs avec hébergement, hors accueils de scoutisme, hors séjours dans une famille et hors séjours de cohésion organisés dans le cadre du service national universel, organisés par des personnes physiques ou une autre catégorie juridique déclarée en tant qu’association, CSE, collectivité territoriale ou société commerciale.

 

L’accueil de mineurs avec hébergement (ACMH)

En 2023-2024, 47 000 colonies de vacances (séjours de plus de cinq jours) et autres séjours collectifs sportifs, artistiques, linguistiques et culturels ont été organisés par 9 441 structures. Il s’agit principalement de d'associations (61 %) et des collectivités territoriales (35 %). Alors que l’on dénombrait 3 522 collectivités territoriales organisatrices d’ACMH en 2013-2014, on en comptabilisait cent de moins en 2018-2019 et encore deux cents de moins en 2023-2024. Une possible explication de cette baisse est que, après la réforme de 2013, certaines communes ont préféré donner la priorité au développement des activités des accueils de loisirs, au détriment de l’organisation des séjours. De même, les collectivités territoriales et les comités sociaux d’entreprise (CSE) privilégient de plus en plus le financement de séjours proposés par d’autres structures plutôt que leur organisation directe. Les séjours proposés ayant été plus longs que la moyenne (11,6 jours contre 6,5), la part des nuitées liées aux CSE représente tout de même encore 5 % de l’ensemble des nuitées en ACMH en 2023-2024. Si la proportion d’acteurs commerciaux organisant des séjours est faible en 2023-2024 (2 %), ils sont cependant responsables de 11 % des départs.

Adrien Montbrisson

Cause commune44 • été 2025