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Au 1er janvier 2025, la population française s’élève à 68,6 millions d’habitants, soit une hausse modeste de 0,25 % par rapport à l’année précédente – une progression qui marque un ralentissement sensible du dynamisme démographique. En effet, 663 000 bébés sont nés en France en 2024, soit -2,2 % par rapport à 2023 et -21,5 % en comparaison avec 2010 – année du dernier pic démographique. L’indice conjoncturel de fécondité, quant à lui, chute à 1,62 enfant par femme – du jamais-vu depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Les premiers mois de 2025 confirment la tendance : toutes les classes d’âge des mères connaissent un recul, les naissances pour les femmes de moins de 25 ans s’effondrant particulièrement (-4,2 % contre -1,1 % pour les 35 à 39 ans). En 2023, l’âge conjoncturel moyen des mères à la naissance de leur premier enfant atteint 29,1 ans, soit 0,9 an de plus qu’en 2013, 5,1 ans de plus qu’en 1974, et 4,9 ans de plus qu’en 1967.

Cette chute de la natalité et la hausse de l’âge au premier enfant ne sont pas des exceptions françaises : il s’agit d’une tendance généralisée en Europe. Selon Eurostat, l’Union européenne a enregistré en 2023 un taux de fécondité moyen de 1,46 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1). L’Allemagne reste autour de 1,5 ; l’Italie s’effondre à 1,2 ; l’Espagne suit la même pente avec 1,1. Seule la France, grâce à ses politiques familiales historiquement plus développées, résistait mieux – mais ce « modèle français » semble remis en cause aujourd’hui.

Le capitalisme organise une société où la reproduction sociale – c’est-à-dire la capacité à élever, soigner, instruire et transmettre – repose toujours plus sur la sphère privée, et plus particulièrement sur les femmes, au détriment de la solidarité collective. La reproduction des générations s’effrite, fragilisant non seulement la cohésion sociale mais aussi la perspective d’une société capable de se projeter vers un avenir de progrès. Résultat : les individus hésitent, retardent, voire renoncent à faire des enfants. Tout cela appelle au contraire à collectiviser davantage les besoins sociaux : écoles, santé, crèches, cantines,  etc.

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Lecture : En 2024, 660 787 bébés sont nés en France, dont 626 776 en France métropolitaine.
Champ : Naissances vivantes en France.
Source : INSEE, statistiques de l’état civil.
Publication source : « Les naissances en 2024. Des naissances toujours en nette baisse », INSEE Focus n° 357, juillet 2025.

 

Cause commune45 • septembre/octobre 2025