Le 40e congrès national de notre parti se tiendra dans une poignée de semaines, au début de l’été, à Lille. Au lendemain des élections municipales, sa préparation s’accélère et s’intensifie. Le contexte invite à la plus grande gravité : les contradictions du capitalisme, redoutablement aiguisées, nourrissent en maints endroits du globe les tensions les plus vives entre sociétés comme au sein des sociétés elles-mêmes. Si la lutte des classes peut s’en trouver renforcée, c’est, une fois encore, une « lutte des races » à laquelle nous invitent avec force moyens bien des fractions de la bourgeoisie, désireuses de maintenir par là leur pouvoir. Dès lors, lui-même fruit d’une crise politique qu’il n’avait pas les moyens de résoudre, le macronisme s’enfonce à son tour dans la crise, sans manquer de renforcer une extrême droite atteignant aujourd’hui une influence inédite depuis la Libération. C’est donc peu dire que le 40e congrès du Parti communiste aura beaucoup à faire s’il veut être à la hauteur des temps. Dans le rapport qu’il a prononcé à ce propos devant le Conseil national, Fabien Roussel ne propose pas pour autant de s’en tenir à ce seul contexte et à des réponses d’ordre conjoncturel, aussi nécessaires soient-elles. Il avance, au contraire, cette idée importante : la réponse à ce contexte implique aussi de déployer une vision alternative crédible de haute et longue portée.
La question du communisme et du chemin qui y mène
C’est dans ce cadre que la question du communisme et du chemin qui y mène est appelée à être remise sur la table. Par-delà les plans d’urgence et les mesures les plus immédiates, que voulons-nous vraiment et comment envisageons-nous les conquêtes, évolutions et ruptures révolutionnaires si nécessaires à notre humanité et son environnement ? Se posent ainsi mille questions de fond, à considérer avec sérieux, mais aussi des questions de forme ou, plus exactement, des questions de mot. Faut-il envisager des étapes ? Comment les caractériser ? Faut-il les nommer et, auquel cas, comment ?
« Le 39e congrès puis la conférence nationale ont mandaté la direction élue pour que la réflexion collective soit approfondie en ce qui concerne nos conceptions des perspectives de transformation révolutionnaire. »
Ces questions ne naissent pas toutes de la préparation du 40e congrès. Elles travaillent depuis longtemps la force communiste, ce qui a pu se traduire de différentes façons, à l’image d’appels lancés lors de précédents congrès pour la réintroduction du socialisme comme perspective pour ne prendre qu’un exemple. Le 39e congrès puis la conférence nationale ont en tout cas mandaté la direction élue pour que la réflexion collective soit approfondie en ce qui concerne nos conceptions des perspectives de transformation révolutionnaire. Cela s’est traduit, au début de l’année 2025, par la constitution d’un groupe de travail sous la direction d’Hervé Poly. Devant le conseil national du 10 janvier 2026, Hervé Poly a présenté un rapport faisant état du travail initié – disponible sur le site du PCF.
Le présent dossier n’entend pas apporter une réponse : c’est aux communistes, à l’occasion de leur congrès, de déterminer un chemin. Il a souhaité – au contraire pourrait-on dire – rassembler un large spectre de regards et d’arguments pour faire grandir le débat entre nous et aider à ce que les choix des communistes se fassent sur la base la plus argumentée. Sont ainsi proposés des points de vue différents, parfois convergents ou articulables, parfois contradictoires et incompatibles.
C’est faire là, croyons-nous, œuvre utile pour le travail présent des communistes. C’est le rôle d’un parti. C’est le rôle de la revue politique d’un parti.
Fanny Charnière et Guillaume Roubaud-Quashie ont coordonné ce dossier.
Cause commune n° 47 • janvier/février 2026