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Je voudrais présenter la politique de changement social du Parti communiste japonais (PCJ), en abordant son contexte historique et des considérations théoriques. J’aborderai également nos efforts pour appeler au socialisme auprès du public et notre coopération inter­nationale en matière de théorie.

De sa fondation en 1922 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, le PCJ était totalement illégal et sévèrement réprimé sous la dictature impériale absolutiste. Le Japon était le seul pays impérialiste d’Asie avant la guerre, et après la guerre, il est devenu un pays capitaliste monopolistique, subordonné aux États-Unis. Dans le cadre de l’alliance militaire nippo-américaine, le Japon compte cent vingt bases et installations militaires américaines, avec plus de cinquante mille soldats américains stationnés en permanence.

 

Histoire du programme du PCJ

L’approbation du programme et des statuts sont une condition d’adhésion au PCJ. Les statuts stipulent que le fondement théorique est le socialisme scientifique. Le congrès du PCJ de 1976 a supprimé le terme longtemps utilisé de « marxisme-léninisme ». Le programme guide pour les communistes est également un manifeste en direction du peuple.

Pendant plusieurs années à partir de 1950, notre parti a subi l’ingérence hégémonique de Staline et de la Chine, qui ont tenté de nous imposer la lutte armée. Durant la guerre de Corée, conjuguée à l’oppression des forces d’occupation américaines et des autorités japonaises, les conflits internes se sont intensifiés, entraînant la scission du parti. Le comité central a été dissous, et l’une des factions a établi des bases dans les montagnes et appelé à la lutte armée. Cette activité aventuriste d’ex­trême gauche, qui n’avait rien à voir avec la politique officielle du PCJ, a entraîné la perte de tous ses sièges à la Diète, soit ­trente-six après la guerre. La confiance du public s’en trouva irrémédiablement brisée et le mouvement révolutionnaire fut gravement affecté.

À la fin des années 1950, alors que le parti surmontait ses divisions et rétablissait son unité, il affirma son autonomie et son indépendance face aux tentatives répétées d’hégémonie de l’Union soviétique et de la Chine. La théorie de la lutte armée fut définitivement abandonnée et le parti confirma sa politique fondamentale : obtenir la majorité à la Diète et poursuivre le changement social par des voies pacifiques et démocratiques. Le maintien de l’unité et de la cohésion était primordial ; les statuts stipulent : « ­Aucune faction ni division ne se formeront au sein du ­parti » et « Les questions internes seront résolues en interne. »

De violents débats internes ont eu lieu concernant les bases militaires américaines établies, leur déman­tèlement constituait une tâche centrale de la révolution démocratique qui incluait également la lutte contre le règne du capital monopolistique.

Lors du VIIe Congrès en 1958, en raison d’importants désaccords concernant la ligne révolutionnaire, le parti a évité de se prononcer sur le programme, par un vote majoritaire. Les points de désaccord furent renvoyés à des délibérations ultérieures, et le congrès adopta uniquement le programme d’action. À la suite des débats qui s’ensuivirent, un magazine de discussion spécial fut publié, dans lequel tous les avis furent publiés.

« Le programme du PCJ utilise indifféremment les termes “socialisme” et “communisme” pour désigner la société future, les considérant comme synonymes. »

Au VIIIe Congrès, en 1961, le programme fut adopté à l’unanimité ; d’où l’importance d’une démocratie interne rigoureuse. La ligne du PCJ se caractérise par une stratégie révolutionnaire en deux étapes, combinant révolution démocra­tique et transformation socialiste, qui vise à briser la dépendance à l’égard des États-Unis et prendre le contrôle des grandes entreprises et du monde financier.

Lors de la conférence des représentants des partis communistes et ouvriers de quatre-vingt-un pays (Moscou, 1960), les partis européens ont soutenu la position de révolution socialiste exposée dans le projet qui affirmait qu’« une révolution dans un pays capitaliste monopolistique est une révolution socialiste ».  Par contre, compte tenu des débats au sein du parti, le PCJ a exprimé son désaccord avec le projet, de sorte que le communiqué adopté a apporté la précision suivante : « à l’exception de l’Asie ».

Au Japon, la question de l’indépendance vis-à-vis des États-Unis – dont l’influence s’accroît dans les domaines militaire, diplomatique et économique – est devenue un enjeu stratégique. Renverser la tyrannie des grandes entreprises, qui engendre la pauvreté parmi les travailleurs et la population, est aussi une tâche démocratique.

Le programme actuel est composé des cinq chapitres suivants :

1) La société japonaise ­d’avant-guerre et le PCJ.

2) Les caractéristiques de la société japonaise contemporaine.

3) Le monde au XXIe siècle.

4) La révolution démocratique et le gouvernement de coalition démocratique.

5) Vers une société socialiste/communiste.

 

Le chapitre « Révolution démocratique » du programme

La révolution démocratique nécessitera le renver­sement de la dépendance excessive envers les États-Unis et le contrôle des grandes entreprises et du monde financier.

Les réformes démocratiques énoncées dans le programme sont les suivantes :

1) Dans les domaines de l’indépendance nationale et de la diplomatie : Abolir le traité de sécurité nippo-américain. Conclure un traité d’amitié nippo-américain fondé sur l’égalité. Après le rétablissement de la souveraineté, poursuivre la voie de la paix, de la neutralité et du non-alignement.

2) Dans le domaine de la Constitution et de la démo­cratie : Respecter toutes les dispositions de la Constitution, y compris le système impérial. Défendre la démocratie parlementaire, le multipartisme incluant des partis d’opposition et l’alternance au ­pouvoir. Créer une société égalitaire entre les sexes.

3) Dans le domaine de la démocratie économique : Renverser la situation actuelle du « capitalisme sans règles ». Créer une société économique régie par des règles qui protègent la vie et les droits des citoyens. Imposer des réglementations démocratiques aux grandes entreprises pour les tenir responsables de leurs obligations sociales.

Tels sont les défis de la réforme démocratique pour réaliser un Japon indépendant, démocratique et pacifique. Cela ouvrira la voie à la pro­chaine étape.

 

La transformation socialiste

Les statuts du parti expriment succinctement son objectif ultime : « Nous visons à réaliser une commun­auté de relations humaines véritablement égales et libres, exemptes d’exploitation de l’homme par l’homme, d’oppression et de ­guerre. »

Le cœur de la transformation socialiste est la socialisation des moyens de production. Il s’agit d’une transformation sociale inévitable et fondamentale, nécessaire pour dépasser le « capita­l­isme axé sur le profit ». La socialisation des moyens de production abolira l’exploitation de l’homme par l’homme, réduira drastiquement le temps de travail et jettera les bases d’un développement humain garanti pour tous les membres de la société. Seuls les moyens de production seront socialisés et la propriété privée sera garantie.

Tous les précieux acquis de l’ère capitaliste, tels que la liberté de pensée et de croyance, et la liberté d’activité politique, y compris les partis d’opposition, seront préservés ; il n’y aura ni « système à parti unique » ni oppression des droits de l’homme.

La période de transition sera un processus de longue haleine et un consensus national est requis à chaque étape. La durée et la forme de cette période seront laissées aux générations futures, qui devront relever de nouveaux défis et explorer de nouvelles voies. Toutefois, le programme met en avant deux points essentiels.

Il convient de respecter le principe « le pro­ducteur est l’acteur principal » et éviter de prédire la forme de propriété, de gestion et d’exploitation des moyens de production socialisés. Affirmer clairement son opposition aux « économies contrô­lées » et aux « nationalisations » et « col­lectivisations » autocratiques qui oppriment les producteurs.

« La ligne du PCJ se caractérise par une stratégie révolutionnaire en deux étapes, combinant révolution démocratique et transformation socialiste, qui vise à briser la dépendance vis-à-vis des États-Unis et prendre le contrôle des grandes entreprises et du monde financier. »

Nous instaurerons une économie de marché. Une gestion économique souple et efficace, alliant plani­fication et économie de marché, et le respect des initiatives privées dans l’agriculture, la pêche, le petit et moyen commerce et l’industrie.

Sont énumérés cinq éléments créés sous le capitalisme comme étant le potentiel d’un pays capitaliste développé à se transformer en système socialiste :

  • une productivité avancée ;
  • un système de régulation et de gestion sociale de l’économie ;
  • des règles pour protéger la vie et les droits du ­peuple ;
  • des institutions de liberté et de démocratie et l’expérience historique des luttes populaires ;
  • une riche individualité du peuple.

Comme l’a dit Marx, les conditions de la société future sont préparées dans l’utérus même de la société capitaliste, et celles-ci peuvent être héritées et développées.

Le programme souligne que « la transformation socialiste dans les pays capitalistes développés est une tâche semée d’embûches, mais aussi riche et porteuse d’un potentiel immense », et insiste sur le fait que « la transformation sociale dans les pays capitalistes développés est une grande voie vers le socialisme et le communisme », une voie encore inexplorée par l’humanité.

 

Questions théoriques relatives au socialisme et au communisme

Le programme utilise indifféremment les termes « socialisme » et « communisme » pour désigner la société future, les considérant comme syno­nymes.

Lors de sa révision en 2004, notre parti a abandonné la théorie précédente des stades de dévelop­pement, qui distinguait une société socialiste de premier stade (« Travailler selon ses capacités, recevoir selon son travail ») et une société communiste de stade supérieur (« Travailler selon ses capacités, recevoir selon ses besoins »).

Cette théorie en deux étapes, fondée sur l’ou­vrage de Lénine, L’État et la Révolution, lui-même in­spiré de la Critique du programme de Gotha de Marx, avait longtemps été considérée comme la théorie internationalement acceptée, depuis l’époque de Staline. Nous estimions en effet que l’interprétation de Marx par Lénine était erronée.

Le rapport présenté au XXIIIe Congrès (2004) en a exposé les raisons :

La distinction entre les stades de développement social, fondée sur les méthodes de distribution, relève de l’interprétation de Lénine. Dans Critique du programme de Gotha, Marx a vivement critiqué l’idée d’appréhender la société future principalement sous l’angle de la redistribution. Il avertissait que toute méthode fixant une ­forme spécifique lierait les mains des générations ­futures, et la question de la politique de distribution ne faisait pas exception. Marx utilisait indif­féremment les termes socialisme et communisme pour désigner cette même société future. La question centrale que Marx cherchait à aborder dans la transformation socialiste n’était pas la distri­bution, mais la manière de transformer le mode de production, ce qu’il appelait la « socialisation des moyens de production ». Marx considérait la société future comme « l’histoire originelle » dans la perspective grandiose du développement libre et global de l’humanité, et qu’il serait trop triste et réducteur de limiter l’indicateur d’achèvement de la société communiste à la question de la distribution.

« La révolution démocratique nécessitera le renversement de la dépendance excessive envers les États-Unis et le contrôle des grandes entreprises et du monde financier. »

Au cours des soixante-cinq années écoulées ­depuis l’établissement de la ligne du parti, nous avons connu des avancées et des reculs répétés. C’est la dialectique de la lutte des classes dans un pays capitaliste comme le Japon, où le sentiment anticommuniste est fort. Lorsque le parti avance, les forces au pouvoir contre-attaquent. Les forces qui font obstacle au changement sont énormes. Pour repousser les attaques, continuer à progresser et remporter la victoire, nous devons renforcer le parti sur les plans théorique et politique.

Même si les conditions objectives d’une inten­sification des contradictions capitalistes existent, le changement social ne peut être accompli sans des conditions subjectives telles que le soutien national, le poids du parti, des forces communes et la préparation des politiques. Nous avancerons sans relâche, gardant la tête haute.

Le dialogue avec le public est au cœur de nos acti­vités. Par le biais des « Demandes et enquêtes », le PCJ intensifie ses efforts pour écouter attenti­vement la voix du peuple, répondre à ses questions et l’aider à comprendre une vision du parti. Les revendications du peuple sont de na­ture démo­cratique, et la position du parti « les réformes démocratiques possibles dans le cadre du capitalisme » (programme) n’est pas si difficile à saisir par le public. Nombreux sont ceux qui estiment que le capitalisme a atteint ses limites, compte tenu du déclin de la puissance natio­nale. Il y a trente ans, elle représentait 18 % du PIB mondial, mais aujourd’hui, elle n’en représente plus que 4 %. Durant cette période, connue sous le nom de « Trente années perdues », le Japon a été le seul pays développé à connaître une baisse des salaires réels et l’instauration de conditions de travail précaires, des horaires de travail notoi­rement longs et pénibles, et de la pauvreté croissante causée par les bas salaires. Si les Japonais ne sont peut-être pas en profond désaccord avec les politiques du parti, ils nourrissent de nombreux doutes quant au socialisme. L’influence négative de l’ex-Union soviétique et de la Chine est forte. C’est un facteur majeur qui freine le soutien à ­notre parti.

Trouver des réponses précises aux questions sur le socialisme n’est pas une tâche future, mais un ­enjeu actuel pour surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Dans le processus de transmission au peuple de la véritable nature du socialisme et des idées du parti, nous avons pris conscience que « la lutte d’aujourd’hui est étroitement liée et s’inscrit dans la continuité des théories sur la société future ». Les travailleurs et les citoyens qui ont une expérience directe des profondes contradictions du ­capit­al­isme sont bien placés pour comprendre le concept d’une société exempte d’exploitation, d’injustice et de pillage.

 

Un mouvement pour la lecture du Capital 

Afin de défendre et de promouvoir le socialisme, il est indispensable de l’étudier. Dans la lignée du Capital , notre parti s’efforce de clarifier que la « liberté humaine » est le but du socialisme et du communisme. Nous disposons actuellement de deux ouvrages de référence. Le premier, intitulé Communisme et liberté : guidés par le « Capital », reprend une conférence donnée en 2024 par le président Kazuo Shii lors d’un séminaire organisé par la Ligue démocratique des jeunes. L’exploitation capitaliste prive les individus non seulement de biens et d’argent, mais aussi de « temps libre ». L’élimination de l’exploitation permettrait de réduire le temps de travail et de donner à chacun suffisamment de « temps libre ». Conformément au Capital, ce texte explique que c’est la clé du « ­libre et plein épanouissement de l’humanité ». De fait, il a encouragé le mouvement ouvrier à lutter pour la réduction du temps de travail.

L’autre ouvrage s’intitule Le « Capital » est intéressant aujourd’hui. Explorer le présent et l’avenir avec Marx. Il présente l’essence de la première partie du Capital : comprendre les lois économiques du mouvement dans la société capitaliste et démontrer qu’une solution fondamentale à l’exploi­tation capitaliste exige une transformation vers un système socialiste. De plus, le développement de la classe ouvrière comme réformatrice de l’ancien système est le moteur du changement social. Ces points sont expliqués en se tournant vers le présent et l’avenir, et en les reliant aux problé­matiques actuelles.

« Nous visons à réaliser une communauté de relations humaines véritablement égales et libres, exemptes d’exploitation de l’homme par l’homme, d’oppression et de guerre. » Statuts du PCJ

Actuellement, plus de la moitié des dix-huit ­mille sections (cellules) du parti à travers le pays ont étudié ces deux ouvrages au cours de l’année écoulée. Il a été salué comme un « livre de changement et d’espoir ».

Parallèlement, l’ouvrage encourage la lecture du texte original. À cette fin, la dernière édition japonaise du Capital  (en douze volumes) a été achevée il y a quatre ans, créant ainsi les conditions propices à son étude. Le parti appelle à un mouvement de lecture du Capital aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti.

Un dialogue a eu lieu entre le président Shii et le professeur Marcello Musto (Université York, Canada), connu pour ses recherches sur le marxisme ; ce fut une conversation passionnante sur la renaissance et la théorie de Marx. Enfin, nous nous sommes engagés en faveur d’une coopération internationale pour le mouvement de lecture de Marx. Auparavant, en 2024, un échange théorique avait eu lieu avec la Fondation Rosa Luxemburg à Berlin.

 

Réévaluation de Marx dans le monde et coopération internationale

Nous pensons qu’aux États-Unis comme en ­Europe, on reconnaît de plus en plus que le capi­talisme n’est pas éternel, qu’il peut être dépassé et qu’un nouveau système social est envisageable. Les mouvements sociaux mondiaux et les initia­tives pour la résolution de la crise climatique ouvrent la voie à des systèmes alternatifs au capitalisme. De ce fait, la théorie de Marx suscite un regain d’intérêt. Aux États-Unis, un réseau ­d’étude du Capital se développe. La victoire du militant Zohran Mamdani à l’élection municipale de New York et ses efforts depuis son entrée en fonction sont encourageants.

En lien avec le regain d’intérêt pour Marx, la dissolution du Parti communiste soviétique et l’effondrement de l’Union soviétique furent des événements historiques à tous les égards. Au moins, il était positif quant à la théorie du socialisme. Durant l’existence de l’Union soviétique, les idées de Marx, qui s’opposaient et contredisaient la doctrine officielle, étaient considérées comme taboues et rejetées.

La Critique du programme de Gotha fut perçue comme niant la définition du « socialisme hautement développé ».

Dans les années 1930, sous Staline, l’Union sovié­tique déclara avoir « réalisé le socialisme ». Dans les années 1970, elle redéfinit le « socialisme hautement développé » et l’intégra même à sa Consti­tution. Cette évolution eut un effet négatif, faussant les études marxistes.

« La période de transition sera un processus de longue haleine et un consensus national est requis à chaque étape. »

Dans la conversation susmentionnée entre Shii et Musto, la discussion porte sur l’avènement d’une ère de redécouverte de Marx. Les raisons invoquées par Shii sont les suivantes :

  • la redécouverte de Marx à une époque où personne ne pouvait proposer de solution aux contra­dictions croissantes du capitalisme mondial ;
  • l’effondrement de l’Union soviétique a permis la diffusion des théories de Marx et Engels, notamment leur théorie de la société future, qui avait été déformée et effacée par le régime soviétique ;
  • la publication de la nouvelle édition des Œuvres complètes de Marx et Engels (New MEGA), qui a ouvert de nouvelles perspectives pour la lecture de l’ensemble des écrits de Marx et Engels, y compris les manuscrits du Capital, et la compréhension de leur idéologie dans son intégralité.

À cet égard, Shii souligne que le regain d’intérêt actuel pour Marx « a mis fin à l’imitation du “social­isme”, libérant ainsi les théories et les mouvements à travers le monde ». Dans son ouvrage Un autre Marx, le professeur Musto affirme : « Le changement de situation politique qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique a également contribué à modifier l’image de Marx. Marx s’est libéré des chaînes d’un monde idéologique très éloigné de sa propre conscience sociale. » Il souligne que l’effondrement de l’Union soviétique a levé le poids du « contrôle de la pensée ». Les idées de Marx, qui avaient été interprétées de manière étroite et rigide en Union soviétique, connaissent aujourd’hui une renaissance où elles sont libérées de leurs chaînes et restaurées dans leur forme originale.

 

La solidarité internationale, une priorité absolue

Pourquoi le PCJ, qui opère en Asie, accorde-t-il une telle importance aux liens avec le PCF et les autres partis communistes européens ? Parce que nous pouvons apprendre les uns des autres face aux défis communs. Nous partageons l’objectif d’abolir l’exploitation et de créer une société fondée sur la liberté et la dignité humaines. Notre combat est difficile, mais c’est une entre­prise grandiose et porteuse d’espoir.

« L’élimination de l’exploitation permettrait de réduire le temps de travail et de donner à chacun suffisamment de “temps libre”. »

Aujourd’hui, alors que les pays occidentaux renforcent leurs réseaux de contrôle militaire, politique et économique, il est impératif d’échanger des idées et des théories sur la paix et de renforcer la solidarité et la coopération. Il y a trois ans, depuis la tribune du Congrès des partis de gauche européens à Vienne, j’ai appelé à une lutte commune et à une solidarité véritablement transcontinentale à travers le continent eurasien. La paix est un enjeu essentiel pour la crise climatique, pour l’égalité des sexes, pour la coopération, pour un ordre pacifique fondé sur la charte des Nations Unies, en opposition aux blocs militaires. Notre parti aspire à œuvrer ensemble pour promouvoir une coopération plus étroite. 

 Yasuo Ogata est vice-président du PCJ, responsable de la commission internationale.

 

Cause commune47 • janvier/février 2026