Lecture : En 2023, 88 % des jeunes entrés en 6e en 2007 et ayant réussi le plus haut diplôme tenté sont en emploi, c’est le cas de 82 % des jeunes ayant abandonné en année terminale. Le taux d’emploi des diplômés est donc de 6 points supérieur à celui des jeunes ayant abandonné en année terminale.
Champ : France hors Mayotte, jeunes entrés en 6e pour la première fois en 2007, ayant tenté une année terminale de préparation à un diplôme.
Source : DEPP-INSEE-SIES, enquête Entrée dans la vie adulte (EVA) 2007.
La récente étude de l’INSEE confirme qu’obtenir le diplôme préparé améliore sensiblement les conditions d’accès à l’emploi et aux emplois qualifiés. En suivant la génération entrée en sixième en 2007 jusqu’en 2023, l’institut observe que 88 % des jeunes ayant obtenu le plus haut diplôme qu’ils avaient entrepris de préparer sont en emploi, contre 82 % de ceux qui ont abandonné leurs études en dernière année. Une fois neutralisées les différences d’origine sociale, de parcours ou de caractéristiques individuelles, l’obtention du diplôme conserve un effet positif sur l’accès à l’emploi.
Les écarts sont particulièrement marqués selon le niveau de qualification. Les diplômés d’une école d’ingénieur ou de commerce affichent un taux d’emploi de 92 %, ceux titulaires d’un master 90 %, tandis que les titulaires d’un baccalauréat professionnel atteignent 87 %. En revanche, les jeunes qui se sont arrêtés au baccalauréat général ou technologique sans poursuivre leurs études ne sont que 77 % à être en emploi. Les diplômés du secondaire perçoivent en moyenne moins de 1 700 euros nets par mois, contre 2 240 euros pour les titulaires d’un master et 2 610 euros pour les diplômés des écoles d’ingénieurs ou de commerce.
Mais cette étude soulève une interrogation plus fondamentale : la France crée-t-elle suffisamment d’emplois qualifiés pour répondre à l’élévation continue du niveau de formation ? 52 % des 25-29 ans sont désormais diplômés du supérieur, soit 11 points de plus qu’au début des années 2000. Cette progression constitue un succès collectif, rendu possible par l’investissement public dans l’éducation.
Pourtant, beaucoup connaissent le déclassement et des débuts de carrière précaires. Le problème ne réside donc pas dans un « excès » de diplômés, comme on l’entend parfois, mais dans l’insuffisance d’emplois qualifiés correspondant aux besoins sociaux et aux défis du pays que sont notamment la transition écologique, la réindustrialisation ou encore le vieillissement de la population. La France dispose de travailleurs de mieux en mieux formés. Le véritable défi est désormais de construire un modèle de développement capable de mobiliser pleinement ce potentiel. C’est précisément l’ambition d’un projet socialiste : la promotion des capacités humaines, le développement des forces productives et la maîtrise démocratique des investissements et de la production.
Cause commune n° 49 • mai-juin-juillet 2026
